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au sujet du seonmudo ,du zen et de mon expérience de pratique

seonmudo muwha school

sonmudo: comment ? pourquoi ?

mis à jour 27/8/020

 

Au temple GOLGUL, la théorie n'est pas de mise - c'est la vie qui prime.

Une fois la grande porte d'accès franchie, c'est à pied en véritable pèlerin que pas après pas on gravit les pentes escarpées où s'accroche le temple avec en point d'orgue cette immense tête de bouddha sculptée dans la roche, le regard tourné vers le soleil levant. C'est une fois passée la hauteur des cantines qu'on débute la première leçon respiratoire. Un pas après l'autre on laisse sur sa droite les chambres spartiates des moines pour arriver aux marches abruptes taillées dans le rocher qui mène à la demeure du grand Maître JEOG UN SEOL. Même si vous n'étiez pas annoncé mais que son emploi du temps le permet, si vos intentions sont pures, désintéressés, il vous recevra pour une inoubliable cérémonie du thé. Ce thé vert, curatif, produit dans la vallée est servi dans les tasses cuites ici avec la terre de KIONGJU.

C'est la première leçon.Maître JEOG UN SEOL atteint d'une grave maladie des yeux n'y voit presque plus, mais sa dextérité est impressionnante. Les gestes sont précis. Rien n'est fait au hasard et lorsque l'eau frémissante se mêle aux feuilles odorantes il commence d'une voix douce, posée, à parler. Ces questions et réponses sont toujours teintées d'une note d'humour. Son humilité et sa gentillesse n'ont d'égale que sa grande connaissance des êtres humains. Ce passage obligé par son salon va en quelque sorte déterminer votre statut au temple. D'invité de marque à simple stagiaire il y a un barème subtil lié à la culture traditionnelle coréenne. Lors de notre première rencontre il y a... quelques années, il s'est passé quelque chose qu'il a lu dans mon désir d'apprendre et de comprendre. J'ai eu ma chambre, une invitation à vie et un nom bouddhiste en prime MUHWA ( fleir des arts martiaux).Durant nos promenades les années qui suivirent, nous avons beaucoup échangé au sujet des différences de culture et de mentalité pour trouver les points communs à approfondir et l'angle sous lequel le SONMUDO ( seonmudo, sunmudo) pouvait être abordé en occident. L'idée première de la pratique actuelle des croyants bouddhistes est d'aider à atteindre " l'illumination", le détachement suprême qui permet à l'homme de devenir Bouddha et de s'harmoniser pour ne faire qu'un avec l'univers. Cette recherche ultime est évidemment réservé à une élite.En pratiquant , j'ai tout de même constaté que la construction de l'enseignement, la progression logique des exercices me redonnait à chaque fin de stage, santé, vigueur, souplesse et surtout une grande sérénité. C'est une excellente méthode anti-stress; on renforce conjointement son corps et son mental avec un travail approfondi de certaines méthodes respiratoires. Passé un"âge certain", l'aspect de l'art martial externe du SON MUDO semble naturellement s'éloigner de moi  bien que je respecte cette facette du don de soi car cette méthode ancestrale de combat où pratiquement toutes les parties du corps sont utilisés comme cible ou comme arme demande une rigueur d'entraînement et d'hygiène de vie indispensable. Les positions très basses, l'utilisation circulaire des bras, les déplacements, les placements, les attaques masquées, les sauts qui servent à esquiver en même temps qu'a frapper, la recherche du point vital pour que le combat puisse s'arrêter m'a fait comprendre combien il serait difficile et prétentieux de vouloir enseigner cette méthode en France. Ca ne peut concerner qu'une population jeune et limitée en nombre par l'abnégation que cet entraînement demande. Je ne dis pas que je ne suis pas intéressé par ce travail mais je recherche plutôt une synthèse harmonieuse pouvant s'adapter à une population de tout âge. Dans mon esprit l'art martial ne doit pas être réservé à une élite. Mon défit quotidien est de montrer à chacun qu'il peut adapter l'enseignement proposé pour se faire plaisir et développer sa propre recherche. Autonomiser les gens par rapport à leur pratique est un deuxième souci - au lieu de les enfermer dans un dogme, une méthode, je leur apprend à utiliser des outils pour qu'ils forgent leur matériel. Je propose et ils disposent. Dans le SUNMONDO le travail sur l'énergie interne me semble le plus adapté à:

  1) compléter l'enseignement du taekwondo ou d'un autre art externe

  2) développer des méthodes et des sensations différentes

  3) approfondir une meilleure connaissance de soi

  4) se renforcer en douceur

   5) trouver l'harmonie avec soi-même pour mieux vivre son quotidien.

   6) découvrir et approfondir un art martial global ,quelque soit l'âge où on commence

  7) l'art martial au service de tous

Méthode:

on commence par

  1) ZON DJE TCHO = gymnastique zen - permet de se mettre en condition physiquement et mentalement, il y a 2 enchainements en fonction des exercices qui suivront,des possibilités du pratiquant et de la thématique du cours

                a)  YOU YON KONG; seon tchè tcho

                 b) HO TCHE YOU POP ; yoga des 5 parties du corps

  2) Travail sur la respiration = SON RO HEUP POP - relaxation du plexus par différents exercices tel que yoga assis de 17 mouvements qui est une base intéressante de synthèse pour la compréhension de cet aspect du SUNMONDO. et recharge interne profonde de la zone Tanjong

On peut pratiquer la méditation avec cet enchaînement car la série de mouvement amène à un grand calme intérieur. Il existe un autre enchaînement debout car celui-ci se pratique assis en tailleur, lotus ou demi lotus.

  3) Vient ensuite l'apprentissage du KIGONG coréen inspiré de l'observation d'animaux - 7 postures s'apprennent par niveau de pratique:tigre, dragon, cerf, singe, ours, tortue, grue.

Chaque exercice de cette série à une particularité et développe certaines fonctions de notre organisme qui va du renforcement articulaire à l'amélioration de la circulation sanguine jusqu'à une meilleure irrigation des méridiens en passant par de plus grande qualité de digestion ou une meilleure capacité de concentration. Chacun de ces exercices par les méthodes respiratoires employées, agit sur le corps comme une pompe qui redonne vigueur à nos sens et nos organes.

 4) Il y a ensuite une série d'enchaînements courts de relaxation = les YONG DJONG HENG KOAN - 10 sont codifiés et répertoriés appelés Jidaechè . il en existe d'autres plus élaborés( su daechè, wha daechè) qui sont enseignés après le 4eme Dan(  qui correspond au statut de Maître Popsanim). Il faut 2 à 3 ans  d'une pratique régulière  pour maîtriser les 7 premiers

5) Vient enfin les enchaînements longs (un peu l'équivalent des POOMSES au Taekwondo ou les kata au japon ou les tao en chine).

 dans lesquels on retrouve toute la richesse de la gestuelle martiale du SON MUDO - ce sont les YUNG NO - YUNG NO IL DAN appelé DOU MOON HIUNG = première porte

 - YUNG NO II DAN appelé DJOUNG DJOL HIUNG= couper le centre

- YUNG NO SAM DAN appelé PO OUÔL HIUNG = enlacer la pleine lune ...etc...(il y en d'autres...) 

et quelques autres formes très martiales et complexes qui s'intercalent dans cette progression comme les " seung yang" après yung no sam dan ou HI dan. Il y a bien  sur en relation avec ces enchaînements l'apprentissage des techniques de défense et de percussion qui rejoint le travail externe.

en outre, je ne peux détailler par écrit l'apprentissage des méthodes respiratoires - c'est un travail qui doit être régulé par un instructeur compétent car les effets néfastes peuvent être aussi important que les effets positifs . 

le premier pas est le plus important et garder un regard ouvert, souriant sur sa pratique

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